27e dimanche du Temps ordinaire – Année A
Is 5, 1-7
Ps 79 (80), 9-12, 13-14, 15-16a, 19-20
Ph 4, 6-9
Mt 21, 33-43
1. La vigne
Troisième dimanche de suite : l’image de la vigne nous accompagne. À travers cette image, Jésus veut nous faire comprendre différents éléments du Royaume de Dieu.
Il y a deux semaines, nous avons pu découvrir que Dieu nous donne la chance de le rejoindre à n’importe quel moment de la vie : il n’est jamais trop tard, et sa miséricorde est plus grande que notre logique.
Il y a une semaine, nous avons pu voir que Dieu nous invite dans son Royaume comme un Père, en respectant notre liberté et en nous faisant confiance. Nous sommes libres d’y répondre.
2. Et aujourd’hui ?
Au temps où ces textes étaient écrits, la vigne de Dieu, comme nous l’avons entendu, c’était la maison d’Israël.
Aujourd’hui, le peuple choisi par Dieu est plus large et c’est l’Église. Nous sommes la vigne de Dieu, nous sommes sa vigne !
À travers les textes de la Liturgie de la Parole d’aujourd’hui, nous découvrons d’un côté le grand amour de Dieu et de l’autre ce que Dieu attend de nous.
3. Comme Dieu a montré son amour à Israël, il le montre aussi à l’Église.
La 1ère lecture et l’Évangile nous en parlent :
"Mon ami avait une vigne
sur un coteau fertile.
Il en retourna la terre, en retira les pierres,
pour y mettre un plant de qualité.
Au milieu, il bâtit une tour de garde
et creusa aussi un pressoir."
et
"Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne, l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage."
Quelle générosité ! Il nous donne tout ce dont nous avons besoin ! Et… il attend de nous des fruits.
Dieu est généreux et il nous donne tout pour que notre vie soit belle et fructueuse.
L’amour de Dieu s’exprime par ses dons merveilleux et par sa sollicitude. Vois-tu ce que Dieu te donne ? Vois-tu ce que Dieu nous donne dans l’Église ?
4. Il nous donne et… il attend de nous des fruits…
4 fois dans la première lecture, nous entendons le verbe « attendre » !
Et à travers la 1ère lecture et l’Évangile, nous entendons deux dangers :
→ 1ère lecture : le gaspillage des grâces de Dieu et la production de mauvais fruits.
Dans Isaïe, après tous les soins donnés à la vigne, Dieu dit :
« Il en attendait de beaux raisins,
mais elle en donna de mauvais. »
Et finalement :
« Il en attendait le droit,
et voici le crime ;
il en attendait la justice,
et voici les cris. »
→ Évangile : porter de bons fruits mais les garder de manière égoïste pour soi.
Les vignerons veulent s’approprier ce qui ne leur appartient pas. Ils oublient qu’ils ne sont que des
vignerons auxquels la vigne a été confiée.
Ils refusent de remettre au maître le fruit qui lui revient et vont jusqu’à rejeter son fils.
5. Dieu nous a choisis !
Nous avons cette grande chance !
Mais il faut se souvenir qu’il nous a choisis pour que nous allions et que nous portions du fruit — un fruit qui demeure.
Le verset avant l’Évangile nous rappelle d’ailleurs :
« C’est moi qui vous ai choisis,
afin que vous alliez, que vous portiez du fruit,
et que votre fruit demeure, dit le Seigneur. »
Il y a une semaine, nous avons vécu quatre jours extraordinaires avec le pape Léon XIV.
Et il nous a laissé un très riche message que nous allons découvrir et approfondir pendant les mois qui arrivent.
À travers ces enseignements, nous entendons ce que Dieu attend de nous, de son Église en France et de ses chrétiens.
Alors, quels fruits Dieu attend-il aujourd’hui de sa vigne ?
Léon XIV nous en donne plusieurs pistes très simples.
D’abord, le fruit de la sainteté.
Une vie qui se laisse transformer par Dieu et qui devient capable de servir les autres.
Cet appel était exprimé très fortement à travers la veillée avec les jeunes au Stade de France – avec le défilé des saints de France et avec les paroles du pape qui résonnent encore dans nos cœurs : « Vous êtes les Saints de France ».
Ensuite, le fruit de la charité et de la fraternité.
Une Église qui n’est pas enfermée sur elle-même, mais qui sait accueillir, accompagner, prendre soin, particulièrement des plus fragiles.
Le fruit de l’espérance.
Dans une société souvent marquée par le découragement et la sécheresse spirituelle, le chrétien est appelé à apporter quelque chose de différent :
« Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse
spirituelle. »
Le fruit de la mission.
Léon XIV le dit très simplement :
« Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour
abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. »
Et enfin, le fruit d’une présence chrétienne qui transforme la société : construire la paix, servir le bien commun, défendre la dignité de toute personne, défendre la vie, prendre soin des plus fragiles, être artisans de fraternité.
Alors, peut-être pouvons-nous nous poser cette question aujourd’hui :
6. Dieu a planté sa vigne.
Dieu en a pris soin.
Dieu nous a choisis.
Dieu nous donne tant de choses.
Et nous, quels fruits lui donnons-nous ? Quels fruits lui donnons-nous aujourd’hui en
France ?
7. Et pour terminer, le pape nous a montré où se trouve la source où nous pouvons puiser l’eau vive : c’est la liturgie, c’est l’Eucharistie. C’est là que Dieu nous rejoint, nous nourrit et nous fait vivre de sa présence. Ne manquons pas ces rendez-vous dominicaux, et notre vie chrétienne sera de plus en plus belle.
Amen.
