25e dimanche du temps ordinaire - année A
Miséricorde qui choque
Première lecture : Is 55, 6-9
Psaume : Ps 144 (145), 2-3. 8-9. 17-18
Deuxième lecture : Ph 1, 20c-24. 27a
Évangile : Mt 20, 1-16a
Nous recevons aujourd’hui encore un texte d’Évangile qui nous secoue : les paroles de Jésus, une parabole bien pensée, avec de petits détails qui surprennent et qui font réfléchir.
Quelle est votre réaction à cette histoire racontée par Jésus ? N’est-ce pas celle des ouvriers qui ont travaillé toute la journée :
« En la recevant, ils récriminèrent contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” »
L’attitude du maître du domaine peut nous choquer, peut nous scandaliser ! Oui ! Cela secoue notre façon de penser.
Dans ce contexte, la première lecture ne nous est pas donnée par hasard : elle affirme:
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, — oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. »
Je prendrai le risque de dire que c’est l’un des textes principaux pour comprendre les règles fondamentales de la foi chrétienne.
Il nous apprend quoi, alors ?
Il nous apprend que la foi, notre relation avec Dieu, ne se construit pas sur nos mérites, sur nos attentes de recevoir en échange, sur un dû, sur une marchandise avec Dieu. Jésus veut le faire comprendre à ses disciples — ça veut dire — à nous aussi. La foi, c’est une relation gratuite, une relation d’amour.
Le contexte de cette parabole est intéressant. Juste avant, Pierre pose à Jésus la question :
« Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »
Et juste après, nous avons la scène où la mère de Jacques et Jean demande :
« Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
Vous le sentez ? Et nous ? Moi ? Toi ? N’est-ce pas notre façon de penser ? Il nous apprend aussi que Dieu est bon et miséricordieux de manière inimaginable pour nous. Déjà, l’auteur du psaume le présente :
« Il est grand, le Seigneur, hautement loué ; à sa grandeur, il n’est pas de limite.
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. »
Il nous apprend à nous réjouir de cette bonté de Dieu et à être une communauté accueillante, une communauté qui se réjouit de chaque personne qui se convertit, qui entre dans le Royaume de Dieu, qui rejoint l’équipe de Dieu.
Il nous apprend à ne pas nous comparer aux autres, mais à voir comme un cadeau de Dieu la chance de le connaître et le sens qu’il donne à notre vie.
Laissons-nous interpeller par cette parabole. Je termine avec les paroles du
cardinal Ryś : « Nous avons vraiment besoin de cette parabole. Vraiment. La communauté qu’est l’Église doit être l’inverse de ce qui, dans le monde, est considéré comme évident et juste. Tant qu’elle ne sera pas cette inversion, nous ne serons pas non plus un signe. Et nous aimerions être ce signe. »
Amen.
