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Toussaint 2026

il y a 2 jours
4 min de lecture

 

A des personnes demandant à recevoir le baptême, le Pape Jean Paul 2 avait répondu : « D’abord, posez -vous la question : « Est-ce que je veux devenir un saint ? ». C’était sa manière de rappeler qu’il ne faut pas séparer l’état de baptisé de la recherche de la sainteté. Voilà qui peut nous mettre mal à l’aise car pour nous la sainteté n’est pas donnée à tout le monde : A quelques-uns qui vont très loin sur le chemin de la foi et d’une vie donnée aux autres. Nous comparons la sainteté à une montagne accessible aux plus chevronnés pour l’escalader. De mon expérience de montagnard, je peux dire que l’essentiel est de partir. Le sommet qui parait si élevé au départ s’abaisse de plus en plus au fur et à mesure qu’on monte. Mais il ne faut pas se lancer sans équipement non plus et sans un minimum d’entraînement.

« Voulez-vous devenir des saints ? » la même question nous est posée en cette fête. Mais la question devient : « C'est quoi être un saint ? »


La 1ère chose à nous rappeler est d’affirmer que seul Dieu est saint comme nous le chantons à chaque messe après la préface : « Saint, saint, saint le Seigneur… ». Mais cette qualité, il veut nous la partager, nous faire entrer dans une vie nouvelle, renouvelée par son entrée dans notre vie. La sainteté c’est l’entrée de Dieu dans notre vie de tous les jours : notre vie au travail qui peut être intéressante ou pénible selon ce qu’il nous est proposé de faire, notre vie de famille avec ses moments calmes et de surchauffe, nos relations réussies et d’autres pénibles à vivre, nos espoirs d’une vie meilleure et nos efforts pour y arriver, nos moments de souffrance physique et de solitude. Tout cela peut ouvrir à la présence de Dieu. Le pape François a eu cette expression : « Les saints de la porte d’à côté » : Il voulait dire que notre vie quotidienne est le lieu d’un combat intérieur contre le mal, le lieu où se situe la recherche de la sainteté avec l'aide du Christ qui a lui même mené ce combat.

Qui sont les saints de la porte d'à côté que nous pourrions connaître ? Il faut chercher du côté des personnes qui choisissent d'être fidèles dans leur engagement. :

  • Vous parents quand vous faites preuve de beaucoup de patience auprès de vos enfants pour leur expliquer les règles du respect des autres enfants et de leurs professeurs.

  • Vous parents, quand vous ne coupez pas les ponts et le dialogue avec vos enfants dont vous ne comprenez plus les choix de vie.

  • Vous enseignants quand vous portez attention aux élèves qui n'y arrivent pas pour les aider à découvrir un lieu de leur vie où ils réussissent.

  • Vous qui vous efforcez de créer des liens de bon voisinage pour que la solitude recule et qu'une solidarité naisse.

  • Vous qui passez du temps avec des migrants pour qu'ils s'intègrent tout doucement dans notre société. L'évêque d'Alger est venu à Nantes l'autre jour. Il a dit : « Nous devrions tous avoir un ami migrant que nous regardons comme un frère.» Allusion à Thiberine ...

  • Vous qui visitez les camps de gens du voyage et de Roms sur l'agglomération pour améliorer leur quotidien ici quand certains ne souhaitent que leur départ sur la commune voisine.

  • Vous les aidants qui prenez soin d'un membre de votre famille quelque soit votre âge, quelque soit son âge pour qu'ils se sentent entourés.

  • Vous qui ayant pris un engagement syndical ou politique y êtes fidèles parce que l'intérêt de tous est plus important que votre intérêt personnel.


Quand on lit l’histoire des saints, une chose revient souvent : Ils deviennent plus sensibles à la présence du péché dans leur propre vie et dans la vie du monde. Ils ressentent douloureusement ce qui est fermeture au don de Dieu. Ils en souffrent et ils prient pour le monde.


Un autre signe de progrès sur cette voie de la sainteté c’est la joie, la joie de l’évangile a écrit le pape François. Pour ne prendre qu’une référence : celle de St François d’Assise. Nous fêtons cette année les 800 ans de sa mort. Il a fait le choix radical de se dépouiller de tout bien matériel, de vivre avec le minimum par fidélité à la pauvreté d’existence du Christ dans l’évangile. Son mode de vie contestait énormément la vie de ses parents et des responsables de l’Eglise du moment qui courraient après l'argent. Mais lui, il était dans la joie, la joie de l’évangile vécu à fond.


Les béatitudes que nous venons d’entendre dans l’évangile nous appellent elles aussi au bonheur. Et donc à la joie. Nous ne pouvons pas devenir saints en faisant la tête. La liberté que Jésus nous apporte doit transparaître sur notre visage. A l’évidence pour Jésus, le bonheur ne consiste pas à manquer de rien mais à avoir un cœur de pauvre et donc à marcher à la confiance envers nos semblables et envers Dieu.  On peut se poser la question : « Est-il possible d’afficher une joie béate » devant le spectacle de notre monde tel qu’il est : Le non-respect de la vie des autres, le non-respect de l’équilibre de la nature, les inégalités grandissantes, les conflits en bien des endroits de la terre ? Il nous faut alors nous souvenir que Dieu aime ce monde tel qu’il se présente à lui et qu’il est décidé à le sauver. Jésus amené le combat contre le mal jusqu’au bout, il en a été  victime sans jamais tomber lui-même dans la haine. C’est pour cela que Dieu son Père l’a relevé, lui a donné sa propre vie éternelle le jour de Pâques. Nous croyons que la puissance de sa résurrection est à l‘œuvre en ce monde et que rien ne pourra l’arrêter. Là est la source de notre joie :  Jésus a vaincu le mal définitivement. Si nous trouvons que la marche est trop haute pour être des saints, efforçons nous d'être des justes. L'évangile ne dit il pas de St Joseph qu'il était un homme juste ?

 
 

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